De l'hydrogène fabriqué grâce à l'énergie solaire
De l'hydrogène fabriqué grâce à l'énergie solaire ?
http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/chimie-1/d/de-lhydrogene-fabrique-grace-a-lenergie-solaire_14449/
Le 4 février 2008 à 09h12
Par Jean-Luc Goudet - Futura-Sciences
Une parabole, du soleil, de l'eau et voilà de l'hydrogène gratuit ! L'idée de cette source d'énergie
abondante et non polluante n'est pas nouvelle mais... personne n'y parvient vraiment. Une entreprise
américaine annonce avoir à peu près réussi, à l'aide d'un matériau classique mais modifié à l'échelle du
nanomètre.
Pour produire de l'hydrogène, dont on espère qu'il pourra servir de carburant, il faut dépenser beaucoup
d'énergie. Ce gaz ultra-léger, que la Terre n'a pas pu retenir, est rare sur notre planète et il faut donc le
fabriquer. Casser une molécule d'eau est un moyen simple, l'opération produisant de l'oxygène et de
l'hydrogène. On connaît bien l'électrolyse, qui utilise une différence de potentiel électrique,
l'hydrogène étant alors produit au niveau de la cathode.
Une autre voie, explorée depuis longtemps, est la photolyse, dans laquelle l'énergie de la lumière
provoque la cassure des molécules d'eau. On utilise des cellules photoélectrochimiques (PEC), constituées d'électrodes photosensibles et plongées dans l'eau. La lumière absorbée génère des électrons (négatifs) et des charges positives formées par des manques d'électrons appelés trous. En présence de ces paires électrons-trous, les molécules d'eau subissent une réaction d'oxydo-réduction. Hydrogène et oxygène partent chacun de leur côté sous forme gazeuse, H2 et O2.
Pour parvenir à un résultat correct, il faut trouver le bon candidat pour les électrodes. Le dioxyde de
titane (TiO2) fait partie de la liste. On en trouve une forme dans la nature, appelée rutile et il semble
que les premiers essais datent de 1970...
C'est ce matériau qu'ont utilisé les ingénieurs de la société américaine Nanoptek en améliorant ses
performances grâce aux nanotechnologies. Le dioxyde de titane ne peut nativement absorber que des
ultraviolets (parce qu'ils sont plus énergétiques). C'est un handicap puisqu'il ne capte qu'une faible
partie de l'énergie de la lumière. Pour le rendre plus docile, les ingénieurs de Nanoptek l'ont étalé sur des
nanostructures en forme de dômes.
Enfin dans le visible
Le résultat est que les atomes sont plus éloignés les uns des autres que dans le cristal naturel de dioxyde de titane. L'énergie nécessaire pour arracher des électrons (ce que fait la lumière) devient plus
faible. Un rayonnement de moindre énergie, donc de longueur d'onde plus grande que l'ultraviolet, peut
alors extraire ces électrons. L'équipe est parvenue de cette manière à réaliser une PEC au dioxyde de titane produisant du courant électrique à partir de la lumière bleue. Le rendement serait six fois meilleur
que celui obtenu avec le dioxyde de titane natif.
La société n'en dit pas plus sur les performances et ce n'est sans doute pas demain que nous verrons
fleurir des producteurs d'hydrogène dans les jardins. Mais la voie explorée est classique - la photolyse est connue depuis des lustres - et la méthode originale - l'utilisation de nanostructures pour ajuster les
propriétés du matériau photosensible. Ces deux qualités rendent la solution plutôt attractive face
aux voies de recherches concurrentes qui consistent à trouver un matériau le plus efficace possible et, en général, à l'enrichir à l'aide d'un dopant pour décaler vers le visible la bande de longueurs d'onde à
laquelle il absorbe l'énergie lumineuse.
On attend avec intérêt la première production
d'hydrogène significative...
http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/chimie-1/d/de-lhydrogene-fabrique-grace-a-lenergie-solaire_14449/
Le 4 février 2008 à 09h12
Par Jean-Luc Goudet - Futura-Sciences
Une parabole, du soleil, de l'eau et voilà de l'hydrogène gratuit ! L'idée de cette source d'énergie
abondante et non polluante n'est pas nouvelle mais... personne n'y parvient vraiment. Une entreprise
américaine annonce avoir à peu près réussi, à l'aide d'un matériau classique mais modifié à l'échelle du
nanomètre.
Pour produire de l'hydrogène, dont on espère qu'il pourra servir de carburant, il faut dépenser beaucoup
d'énergie. Ce gaz ultra-léger, que la Terre n'a pas pu retenir, est rare sur notre planète et il faut donc le
fabriquer. Casser une molécule d'eau est un moyen simple, l'opération produisant de l'oxygène et de
l'hydrogène. On connaît bien l'électrolyse, qui utilise une différence de potentiel électrique,
l'hydrogène étant alors produit au niveau de la cathode.
Une autre voie, explorée depuis longtemps, est la photolyse, dans laquelle l'énergie de la lumière
provoque la cassure des molécules d'eau. On utilise des cellules photoélectrochimiques (PEC), constituées d'électrodes photosensibles et plongées dans l'eau. La lumière absorbée génère des électrons (négatifs) et des charges positives formées par des manques d'électrons appelés trous. En présence de ces paires électrons-trous, les molécules d'eau subissent une réaction d'oxydo-réduction. Hydrogène et oxygène partent chacun de leur côté sous forme gazeuse, H2 et O2.
Pour parvenir à un résultat correct, il faut trouver le bon candidat pour les électrodes. Le dioxyde de
titane (TiO2) fait partie de la liste. On en trouve une forme dans la nature, appelée rutile et il semble
que les premiers essais datent de 1970...
C'est ce matériau qu'ont utilisé les ingénieurs de la société américaine Nanoptek en améliorant ses
performances grâce aux nanotechnologies. Le dioxyde de titane ne peut nativement absorber que des
ultraviolets (parce qu'ils sont plus énergétiques). C'est un handicap puisqu'il ne capte qu'une faible
partie de l'énergie de la lumière. Pour le rendre plus docile, les ingénieurs de Nanoptek l'ont étalé sur des
nanostructures en forme de dômes.
Enfin dans le visible
Le résultat est que les atomes sont plus éloignés les uns des autres que dans le cristal naturel de dioxyde de titane. L'énergie nécessaire pour arracher des électrons (ce que fait la lumière) devient plus
faible. Un rayonnement de moindre énergie, donc de longueur d'onde plus grande que l'ultraviolet, peut
alors extraire ces électrons. L'équipe est parvenue de cette manière à réaliser une PEC au dioxyde de titane produisant du courant électrique à partir de la lumière bleue. Le rendement serait six fois meilleur
que celui obtenu avec le dioxyde de titane natif.
La société n'en dit pas plus sur les performances et ce n'est sans doute pas demain que nous verrons
fleurir des producteurs d'hydrogène dans les jardins. Mais la voie explorée est classique - la photolyse est connue depuis des lustres - et la méthode originale - l'utilisation de nanostructures pour ajuster les
propriétés du matériau photosensible. Ces deux qualités rendent la solution plutôt attractive face
aux voies de recherches concurrentes qui consistent à trouver un matériau le plus efficace possible et, en général, à l'enrichir à l'aide d'un dopant pour décaler vers le visible la bande de longueurs d'onde à
laquelle il absorbe l'énergie lumineuse.
On attend avec intérêt la première production
d'hydrogène significative...
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