Les électrodes parlent pour les muets
Les électrodes parlent pour les muets
http://www.atelier.fr/sante/10/10072008/implant-logiciel-langage-36859-.html
Grâce à un implant dans le cerveau, un logiciel et un synthétiseur vocal,
les personnes victimes d'un AVC parviennent à produire des sons
reconnaissables et pourraient peut-être recouvrer la parole.
Publié le 10 Juillet 2008
Refaire parler les personnes victimes d'un accident vasculaire cérébral.
C'est le projet de l'université de Boston, qui travaille sur un système
capable d'interpréter les signaux émis par une électrode implantée dans
le cortex moteur d'un homme paralysé mais en possession de ses facultés
mentales. L'information est alors transmise à un synthétiseur vocal qui
produit le son correspondant. Ce dispositif traduit en temps réel les
pensées d'un patient en sons de sorte qu'il peut entendre sa "voix"
lorsqu'il essaye de parler. Cela lui donne un retour immédiat sur sa
prononciation, qu'il peut ensuite utiliser pour améliorer ses
compétences linguistiques de la même façon que le font les enfants
lorsqu'ils apprennent à parler. Pour l'instant, le malade ne peut
cependant émettre que des sons vocaliques de base. Un premier test avait
été effectué en 2004 sur un patient.
Un synthétiseur vocal
L'électrode avait été implantée dans son cerveau par l'équipe de
Philippe Kennedy, neurologue chez Neural Signals. On espérait alors que
les signaux émis par le cortex de son cerveau pourraient servir à le
faire reparler. L'interprétation de ces signaux s'était toutefois
révélée difficile. L'équipe a alors utilisé les données issues de
scanographies du cerveau de personnes en bonne santé pour étudier leur
activité neuronale pendant qu'elles parlaient. Ces expériences ont
montré que les signaux du cerveau ne servent pas à coder des mots mais
contrôlent plutôt la position des lèvres, de la langue, de la mâchoire
et du larynx pour produire des sons basiques. C'est ainsi qu'a pu être
développé le logiciel capable de reconnaître et traduire les évènements
de l'activité du cerveau pendant la parole.
Des améliorations matérielles et logicielles
"Le synthétiseur fonctionne bien avec les voyelles mais il nous faut
créer un système qui prenne mieux en charge les consonnes", explique
Franck Guenther, le responsable du projet. Or, un tel dispositif sera
plus difficile à contrôler pour le patient.
"Jusqu'à présent, le malade contrôle deux paramètres pour créer des
voyelles. Mais pour les consonnes, il va devoir contrôler sept
paramètres - trois pour le mouvement de la langue, deux pour le
mouvement des lèvres, une pour la hauteur de la mâchoire et une pour
celle du larynx". D'autres personnes sont à cet égard plus dubitatives.
C'est le cas de Klaus-Robert, professeur à l'université technique de
Berlin. "Si vous essayez d'aider quelqu'un à communiquer avec le monde
extérieur, la question est de savoir jusqu'à quel point l'interface peut
être stressante et éprouvante. Certaines interfaces de contrôle du
cerveau en effet peuvent donner des migraines", explique-t-il. Frank
Guenther a présenté les résultats de ses travaux lors d'une conférence à
Paris le 3 juillet.
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