nanotechnologie et environnement
Des nanoparticules pour se débarrasser de l'arsenic
http://sciences.nouvelobs.com/sci_20061112.OBS9085.html
Technologie
Des chercheurs espèrent pouvoir mettre à ladisposition des pays en développement une méthodesimple et peu coûteuse pour nettoyer l'eau contaminéepar l'arsenic. Des nanoparticules de magnétite, un oxyde de fer, et des aimants ordinaires permettent dese débarrasser de ce poison inodore et incolore,expliquent Vicki Colvin et ses collègues de la Rice
University de Houston (USA). La consommation régulièred'eau contaminée par l'arsenic se manifeste par degraves maladies : des problèmes de pigmentation dansun premier temps, des cancers du poumon, de la vessie
ou de la peau à plus long terme.
L'arsenic se lie avec les particules d'oxydes de fer.Pour s'en débarrasser, il faut ensuite filtrer l'eau ou la soumettre à des champs magnétiques suffisamment forts pour attirer les particules d'oxyde de fer.
L'équipe de Colvin a diminué la taille des particulesde magnétite pour atteindre 12 nanomètres de diamètre. Jusqu'à présent on considérait qu'il fallait des aimants très puissants pour attirer des particules plus petites. Cependant, les nanoparticules ont un comportement à part, expliquent leschercheursaméricains.
Leurs expériences tendent à prouver que ces nanoparticules s'attirent entre elles. Grâce à cette interaction magnétique, elles s'agrègent et deviennent très faciles à extraire de l'eau. Un banal aimant suffit, expliquent Colvin et ses collègues dans la revue /Science/. Le dispositif pourrait être facilement mis en place dans les pays les plus touchés
par la pollution à l'arsenic, comme le Bangladesh, l'Inde ou la Chine.
Pour cela il faudra cependant que les chercheurs de la Rice University mettent au point une recette simple et bon marché pour fabriquer les nanoparticules. Les ingrédients de base sont faciles à trouver : des
oxydes de fer et des acides gras qui peuvent être ceux de l'huile d'olive ou de noix de coco. La température de cuisson est comparable à celle de la friture. Les chimistes espèrent donc peaufiner la recette d'ici quelques mois. Ils devront ensuite démontrer que l'utilisation de cette technique ne pose pas de problème pour l'environnement.
Cécile Dumas
(13/11/06)