combattre les virus sans vaccin
combattre les virus sans vaccin
http://www.cyberpresse.ca/article/20080214/CPSCIENCES/802140720/5146/CPSCIENCES
Le jeudi 14 fév 2008
Mathieu Perreault
La Presse
Une équipe de l'Université McGill a découvert une manière de rendre le corps plus résistant aux virus. La découverte pourrait rendre les vaccins superflus d'ici seulement cinq ans.
«Nous avons réussi à transformer des cellules pour qu'elles produisent beaucoup plus d'interférons, des molécules qui empêchent la réplication des virus», explique Mauro Costa-Mattioli, professeur au département de biochimie de McGill, qui est l'auteur principal de l'étude publiée aujourd'hui dans la revue Nature. «Elles deviennent pratiquement invulnérables. Normalement, la production d'interférons ne commence qu'après l'infection par le virus. C'est souvent trop tard.»
L'étude a été réalisée sur des souris génétiquement modifiées. Même si elles produisaient en permanence des interférons, une activité qui utilise de l'énergie normalement disponible pour d'autres fonctions cellulaires, les souris semblaient normales et en bonne santé.
Les interférons sont déjà utilisés en thérapie antivirale. Mais ils causent souvent des nausées et de la fièvre. M. Costa-Mattioli estime que favoriser la production d'interférons par le corps lui-même mènera à moins d'effets secondaires.
L'objectif suivant est de trouver un médicament qui arrive au même effet que la modification génétique. Avec «énormément de chance», cela prendra cinq ans, selon le biochimiste montréalais. Le traitement commencerait vraisemblablement aux périodes où les infections virales sont les plus courantes, par exemple l'automne, au même moment que les vaccins
contre la grippe.
La modification génétique consistait à inhiber deux protéines qui normalement empêchent la production d'interférons. Quand ils entrent dans une cellule, les virus entravent la production normale de protéines. Ces deux protéines cessent donc de réduire au silence les interférons, qui prolifèrent. En quelque sorte, le virus prend un risque calculé, qui lui sourit régulièrement, en prenant le contrôle d'une cellule: parmi les protéines qu'il supprime, se trouvent celles
qui empêchent la production de ses ennemis, les interférons.
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