Un retour au Moyen age

Publié le par René et Fany

                  «Un retour au Moyen Age»



http://www.liberation.fr/actualite/societe/216208.FR.php

L'AFM, association organisatrice, s'indigne de l'argumentation du
diocèse.

Par Sandrine CABUT
QUOTIDIEN : vendredi 10 novembre 2006


Complètement à côté de la plaque. Pour l'AFM (Association française contre les myopathies) comme pour les médecins spécialistes de la
reproduction, les arguments anti-Téléthon exprimés par le diocèse du Var
ne tiennent pas. «Ils se trompent de cible. A l'AFM, on se bat tous les
jours pour la vie. Notre démarche est d'étudier toutes les possibilités
de guérison, toujours dans le respect de la loi», insiste Laurence
Tiennot-Hermant, présidente de l'AFM.

Intégristes. Et l'association laïque de rappeler que le diagnostic
préimplantatoire (1) est une activité parfaitement encadrée par des
textes depuis... 1999. Quant à la recherche sur les cellules souches
embryonnaires, également fustigée par les catholiques intégristes, elle
a été réglementée lors des révisions de la loi bioéthique en 2004, dont
les décrets d'application sont sortis en février 2006. « On se demande
s'il y a des activités autant contrôlées que le DPI [diagnostic
préimplantatoire, ndlr] en France», s'amuse le Pr René Frydman,
responsable de l'unité de DPI de l'hôpital Béclère (Clamart). Dans ce
centre, l'un des trois autorisés sur le territoire, 80 à 90 DPI sont
réalisés chaque année, dans le cadre de maladies génétiques graves et
incurables.
Pour le pionnier de la fécondation in vitro, la croisade du diocèse du
Var relève carrément du «retour au Moyen Age».  «Les personnes qui ont
recours à un diagnostic préimplantatoire ont souvent un ou deux enfants
malades et aimeraient avoir la chance d'en avoir un non atteint,
explique-t-il. Notre problème éthique à nous, c'est de les faire
attendre six mois, un an, car les consultations sont engorgées. Et c'est
aussi, pour les mêmes raisons, de devoir renoncer après seulement deux
ou trois échecs.»
Mise au point. Autre préoccupation des spécialistes du DPI, pouvoir
utiliser plus largement cette technique. Pour l'instant, une quarantaine
d'affections incurables (dont la mucoviscidose, l'hémophilie et les
hémopathies) peuvent en bénéficier. Selon Frydman, une quarantaine
d'autres pourraient l'être. Le problème est, là aussi, plus économique
qu'éthique : la mise au point d'un test pour une pathologie représente
six mois de travail. Le débat éthique porte plutôt sur la légitimité
d'un tri embryonnaire pour des gènes de prédisposition à des cancers.
Des pays comme la Grande-Bretagne ont tranché favorablement, la France y réfléchit encore.

(1) Technique qui permet de dépister certaines maladies génétiques sur
un embryon conçu par fécondation in vitro, avant sa réimplantation dans
l'utérus.

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